À cinq jours de la présidentielle du 25 octobre 2025, la Côte d’Ivoire s’enfonce dans une spirale de tension politique et sociale qui rappelle, par moments, les heures sombres de son histoire récente. Ce qui devait être une compétition électorale s’est transformé en une épreuve de force entre le pouvoir et l’opposition réunie au sein du Front commun, alliance inédite entre le PPA-CI de Laurent Gbagbo, le PDCI de Tidjane Thiam et plusieurs formations alliées.
Le bilan humain et matériel de ces derniers jours donne la mesure du climat délétère : quatre morts, plus de 700 interpellations et des dizaines de dégâts matériels, dont treize autobus de la SOTRA réduits en cendres dans la nuit du 20 octobre à Koumassi. Les réseaux sociaux s’enflamment, les images circulent, et la peur s’installe.
Le dernier décès en date, confirmé par le procureur de la République de Daloa, est celui de Kprohi Marc Géraud, 34 ans, manifestant décédé lors d’affrontements avec les forces de l’ordre. Avant lui, Allouan Ernest, un jeune homme de 22 ans originaire de Bonoua, avait succombé à une blessure par balle au CHU de Treichville, tandis qu’un bébé mourait asphyxié par des gaz lacrymogènes dans la région de la Mé. La liste des victimes s’est encore allongée avec la mort d’un Sous-lieutenant de gendarmerie, Daniogo Klenon Lassina, tué à Agboville lors d’une attaque menée par un groupe armé non identifié.
Derrière ces drames, c’est une véritable bataille d’interprétation politique
Derrière ces drames, c’est une véritable bataille d’interprétation politique qui se joue. Le gouvernement justifie les mesures restrictives prises depuis le 17 octobre — notamment l’interdiction des marches, rassemblements et meetings publics pour deux mois — par un impératif de sécurité nationale. Mais pour l’opposition, ces décisions ne sont rien d’autre qu’une tentative d’étouffer la contestation et de verrouiller l’espace politique à l’approche du scrutin.
Les appels au calme du gouvernement contrastent avec la fermeté de ses actions sur le terrain. Les forces de l’ordre ont reçu pour consigne de disperser tout attroupement non autorisé, une stratégie qui alimente la perception d’un État crispé face à la rue. De son côté, le Front commun joue la carte de la résistance, dénonçant un processus électoral « biaisé » et une démocratie « sous contrôle » alors que les décisions du Conseil Constitutionnel sont susceptibles d’aucun recours.
Dans ce contexte, Amnesty International a exhorté les autorités ivoiriennes à garantir la liberté d’expression et de manifestation, rappelant que la stabilité durable ne peut se construire sans respect des droits fondamentaux.
À mesure que l’échéance du 25 octobre approche, la tension politique se double d’une inquiétude plus profonde : celle d’un pays toujours en convalescence démocratique, où chaque élection ravive les fractures des 3 décennies passées.
Le PPA-CI a d’ailleurs annoncé que Laurent Gbagbo s’adressera aux Ivoiriens
Le PPA-CI a d’ailleurs annoncé que Laurent Gbagbo s’adressera aux Ivoiriens avant le scrutin — une intervention très attendue, qui pourrait influencer l’atmosphère déjà explosive des présidentielles 2025. Reste à savoir si sa parole apaisera les esprits ou, au contraire, attisera davantage la colère d’une opposition décidée à se faire entendre.`
l’ADCI, du Député-Maire de Tiassalé, Assale Tiemoko, Candidat recalé pour le scrutin présidentiel du 25 octobre, annonce également pour demain mardi 21 octobre, un point de presse à son siège. Point de presse relatif à la situation socio-politique.
Les Ivoiriens sont invités à retirer leur carte d’électeur, la date limite fixée au 20 octobre est prorogée au mercredi 22 octobre prochain.
ML
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