Dernière ligne droite pour les cinq candidats en lice à l’élection présidentielle de 2025. Alassane Ouattara (RHDP), Simone Ehivet Gbagbo (MGC), Jean-Louis Billon (CODE), Henriette Lagou (PAIX) et Ahoua Don Mello poursuivent, avec leurs équipes respectives, une tournée intensive à travers le pays. Objectif : convaincre les électeurs autour de thématiques majeures telles que le capital humain, la sécurité, l’employabilité, l’autonomisation, la réconciliation nationale et la souveraineté économique.
Cependant, en cette ultime semaine de campagne, un sujet semble s’imposer au cœur de toutes les discussions : le retrait des cartes d’électeurs. La Commission électorale indépendante (CEI) a d’ailleurs annoncé la prolongation du délai pour le retrait des cartes jusqu’au mercredi 22 octobre, alors que la campagne prendra officiellement fin le jeudi 23 octobre à minuit.
Ces élections présidentielles se déroulent dans un climat social et politique
Ces élections présidentielles se déroulent dans un climat social et politique tendu, marqué par la contestation liée à l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition, notamment Laurent Gbagbo (PPA-CI) et Tidjane Thiam (PDCI). Depuis l’ouverture de la campagne, la scène politique ivoirienne est rythmée par les manifestations du Front commun, coalition regroupant le PPA-CI, le PDCI et leurs alliés, qui dénoncent l’ostracisation des libertés démocratiques, l’emprisonnement de militants de l’opposition et la mise à l’écart de leurs leaders.
Ces tensions ont déjà fait trois morts, dont un gendarme, et entraîné près de 700 interpellations selon le Procureur de la République. Dans un rapport publié la semaine dernière, Amnesty International a exhorté le gouvernement ivoirien à garantir le respect des libertés démocratiques et à libérer toutes les personnes arrêtées pour avoir exercé leur droit de manifester. En réponse, les autorités ont réaffirmé leur attachement à ce droit fondamental, tout en qualifiant la marche du Front commun de mouvement subversif, visant à contester la décision du Conseil Constitutionnel invalidant les candidatures de certains opposants et à perturber le processus électoral.
Afin d’assurer le bon déroulement du scrutin, le gouvernement a pris, depuis le 17 octobre, une série de mesures restrictives limitant les activités politiques et suspendant pour deux mois les marches, meetings et rassemblements publics. Seules les manifestations inscrites dans le cadre officiel de la campagne présidentielle sont exemptées de cet arrêté conjoint du ministère de la Défense et de celui de la Sécurité intérieure.
Ce lundi 20 octobre, des heurts ont néanmoins éclaté dans plusieurs localités
Ce lundi 20 octobre, des heurts ont néanmoins éclaté dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, notamment à Yamoussoukro, Agboville et dans certaines zones de l’Ouest. Le pays retient son souffle : 2025 sera-t-elle une répétition des crises de 2010 et 2020 ? Les jours à venir le diront.
Dans ce contexte tendu, les Ivoiriens s’apprêtent à élire leur nouveau président. Et, selon des sources proches du PPA-CI, Laurent Gbagbo devrait s’adresser dans les prochains jours à la nation, alors que le pays vit une fois encore une période charnière de son histoire politique.
ML
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