Ce jeudi à minuit marquera la fin officielle de la campagne pour l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025. Les cinq candidats en lice — Simone Ehivet Gbagbo (MGC), Henriette Lagou (Rp-Paix), Jean-Louis Billon (CODE), Ahoua Don Mello (indépendant) et Alassane Ouattara, président sortant représentant le RHDP — livrent leurs derniers combats pour convaincre les quelque huit millions d’électeurs ivoiriens appelés aux urnes.
Mais ce scrutin se déroule dans un climat politique tendu. Depuis l’ouverture de la campagne, le 10 octobre, plusieurs manifestations ont éclaté à l’appel du Front commun, une coalition réclamant davantage de libertés démocratiques. Ces rassemblements ont été jugés « subversifs » par le gouvernement, qui a pris un arrêté interministériel interdisant, pour deux mois, toute manifestation publique en dehors des activités liées à la campagne électorale.
Les heurts qui ont suivi ont fait au moins cinq morts et plus de 700 arrestations, selon plusieurs sources. Les premiers interpellés ont écopé de peines de prison ferme de trois ans.
Hier, dans une interview accordée à Afo Media, Laurent Gbagbo, ancien président de la République et chef du PPA-CI, dont la candidature a été rejetée, a réaffirmé son soutien aux manifestants. Il a par ailleurs appelé ses partisans à ne voter pour aucun des quatre candidats de l’opposition engagés dans la course, qualifiant ce scrutin de « coup d’État civil » et de « braquage électoral ».
Un historique contrasté de la participation
La Côte d’Ivoire a connu, ces dernières années, des taux de participation fluctuants lors des élections présidentielles.
- 2010 : avec une participation inclusive de tous les candidats, le taux de participation avait atteint 81 %, avec un peu plus de 4 millions de votants sur 5 millions d’inscrits. Un record salué comme le signe d’un fort engagement citoyen.
- 2015 : la participation est tombée à 52,86 %, avec au moins 3 millions de votants, malgré la présence de dix candidats, dont les opposants Pascal Affi N’Guessan (FPI), Mamadou Koulibaly (LIDER), ainsi que feu Charles Konan Banny et Essy Amara (PDCI).
- 2020 : dans un contexte de contestation du troisième mandat d’Alassane Ouattara et du boycott du CNT mené par feu Henri Konan Bédié, la CEI avait enregistré un taux de participation de 53,90 % avec environ 3,2 millions de votants sur au mois 6 millions d’inscrits. Ces élections avaient été marquées par 337 victimes, dont 55 morts et 282 blessés, selon le Conseil national des droits de l’homme (CNDH).
Vers une abstention record ?
À deux jours du scrutin du 25 octobre, les observateurs s’interrogent : quel sera le taux de participation cette année ?
Le Front commun, alliance regroupant le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI de Tidjane Thiam, a vu ses deux leaders écartés de la course par le Conseil constitutionnel. Cette exclusion alimente la démobilisation d’une partie de l’électorat, perceptible à travers le faible taux de retrait des cartes d’électeurs, constaté à 2 jours du vote.
Dans ce contexte, la présidentielle de 2025 s’annonce non seulement comme un test pour les cinq candidats, mais aussi comme un baromètre de la confiance des Ivoiriens envers leur système démocratique.
ML
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