Entre la persistance de l’orpaillage illégal et la baisse du prix du cacao pour la nouvelle campagne, le gouvernement ivoirien se retrouve une nouvelle fois au centre des critiques. À travers sa 52e tribune, le PPA-CI, par la voix de Justin Katinan Koné, et Ahoua Don Mello, dans une analyse consacrée à la filière cacao, dressent un réquisitoire sévère contre la gestion de ces deux dossiers.

L’actualité nationale reste marquée par deux sujets sensibles : l’orpaillage illégal et le prix du cacao pour la nouvelle campagne. Deux questions qui ont servi de tribune au Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), lors de sa 52e tribune tenue jeudi dernier, et à Ahoua Don Mello, dans une analyse consacrée au prix de la nouvelle campagne du cacao annoncé par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Production vivrière, Bruno Nabagné Koné.

Sur l’orpaillage illégal, Justin Katinan Koné, 4e vice-président du PPA-CI chargé de la politique générale et animateur principal de la « tribune », n’a pas mâché ses mots. Il affirme que « ce phénomène est né de la méthode de conquête du pouvoir par le RDR, le Rassemblement des Républicains » et estime que « l’orpaillage illégal ne peut être combattu par le système qui le génère ».

Une accusation qui met directement en cause le parti au pouvoir. Dans son réquisitoire, l’ancien ministre du Budget sous le magistère du président Laurent Gbagbo assure toutefois que cette affirmation n’a rien de personnel. Elle serait, selon lui, fondée sur plusieurs sources, notamment des rapports de l’ONU et une publication de George Neyrac, présenté comme un colonel de l’armée française.

Dans un ouvrage paru en 2005 et intitulé « Ivoire nue, chronique d’une Côte d’Ivoire perdue », celui-ci aurait notamment évoqué une collusion entre le RDR et la rébellion, les rendant ainsi responsables, pendant une décennie, de l’économie aurifère à travers l’orpaillage illégal.

Au-delà de la question politique, Justin Katinan Koné alerte également sur les conséquences environnementales de cette activité. « L’orpaillage illégal détruit la terre agricole fertile », déplore-t-il, estimant que cette situation entraîne une réduction « de l’offre vivrière ».

Il dénonce également la contamination des rivières et des nappes phréatiques par le mercure et le cyanure, dont les effets pourraient, selon lui, se prolonger pendant plusieurs décennies.

Pour le PPA-CI, la réponse du gouvernement reste insuffisante face à cette calamité environnementale. Le parti estime ainsi que la lutte « contre l’orpaillage illégal ne puisse se contenter de mesures spectaculaires et limitées dans le temps ».

Depuis 2012, le gouvernement affirme pourtant avoir engagé une vaste campagne de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles du pays, notamment contre l’orpaillage illégal. Ces derniers jours, la question a pris une nouvelle ampleur et mobilise différentes composantes de la communauté nationale : société civile, autorités politiques, coutumières et religieuses, forces de défense et de sécurité. Tous sont engagés dans la lutte contre ce fléau environnemental.

Le cacao, autre front de contestation

À cette question environnementale s’ajoute désormais celle du prix du cacao. Le ministre Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Production vivrière, vient de fixer le prix d’achat du cacao pour la campagne 2026-2027 à 1 200 FCFA, contre 2 800 FCFA pour la grande campagne de la saison dernière.

Pour Ahoua Don Mello, ce prix indicateur est révélateur de la fragilité de l’économie ivoirienne. L’ancien collaborateur de Laurent Gbagbo fait notamment observer que le fonds de réserve créé en 2011 pour amortir la volatilité du marché serait inopérant au moment où les producteurs en ont le plus besoin.

« Aucune trace de ce fonds ne figure dans le budget ni dans les rapports des contrôleurs de l’État. Un audit s’impose », affirme-t-il, réclamant ainsi que soit établie la traçabilité de ce fonds de réserve.

L’ancien camarade de Laurent Gbagbo juge que cette situation constitue le symptôme d’un modèle économique essoufflé. Il soutient que « bien que la Côte d’Ivoire fournisse 40 % de la production mondiale et que le cacao pèse 17 % de son PIB, le pays ne capte que 6 % de la valeur ajoutée globale ».

Une lecture que ne partage évidemment pas le gouvernement. Pour le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Production vivrière, Bruno Nabagné Koné, « le prix de cette nouvelle saison est le résultat des conditions de commercialisation de la nouvelle campagne et du niveau du prix auquel les volumes ont été vendus par anticipation ».

Pour le ministre, il s’agit d’un prix financièrement soutenable. Le gouvernement assure par ailleurs que le pays prévoit d’augmenter la transformation locale du cacao, avec un objectif de 50 % à l’horizon 2030, contre 43 % actuellement.

Deux dossiers sensibles pour le gouvernement

L’orpaillage illégal, d’une part, et la colère des producteurs de cacao suscitée par le prix de la nouvelle campagne, d’autre part, placent donc le gouvernement sous le feu des projecteurs.

Il devra certainement prendre des mesures diligentes afin d’apporter des réponses durables à la problématique de l’orpaillage illégal, mais également trouver des mécanismes permettant de préserver les intérêts des producteurs de cacao ivoiriens.

La continuité de la desserte en eau potable, la préservation des richesses naturelles du sol ivoirien et le maintien de la position de leader mondial du cacao, avec environ 2 millions de tonnes produites annuellement, s’imposent ainsi comme de nouveaux défis pour le gouvernement.

ML

Ne manquez aucune actualité

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir nos articles par email.

🤞 Ne manquez pas ces conseils !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Newsletter

Restez informé de l'actualité ivoirienne

Recevez chaque jour, directement dans votre boîte mail, l'essentiel de l'actualité politique, économique et sociale de Côte d'Ivoire.

Ne manquez pas ces conseils !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Sans spamUn email par jour maximumDésabonnement en 1 clic
Espace annonceurs

Faites connaître votre marque

Profitez d'une expérience de navigation optimale et touchez nos lecteurs, sur ordinateur comme sur mobile. Découvrez comment annoncer sur L'Actualité Ivoirienne.

En savoir plus
Réponse sous 24h ouvrées