L’opposition ivoirienne veut-elle parler d’une même voix sur la future gouvernance électorale ? C’est, en tout cas, dans cette dynamique que plusieurs formations politiques se sont retrouvées, ce mardi 1er septembre, au siège du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI).
Le FPI de Pascal Affi N’Guessan, le MGC de Simone Ehivet Gbagbo, l’ADCI d’Assalé Tiemoko et le COJEP de Charles Blé Goudé ont échangé avec les collaborateurs de Laurent Gbagbo afin d’harmoniser leurs positions sur la nouvelle structure appelée à administrer les élections en Côte d’Ivoire.
Cette rencontre intervient dans un contexte où la question du nouvel arbitre électoral reste au cœur des préoccupations politiques. Le 18 juin dernier, Simone Ehivet Gbagbo et ses alliés avaient proposé la mise en place d’un Haut Conseil électoral, avec pour ambition de répondre aux défis liés à l’organisation d’élections crédibles, transparentes et acceptées par tous.
Dans leur proposition, les promoteurs de cette nouvelle institution recommandaient notamment l’exclusion des représentants des partis politiques et du gouvernement de sa composition. Ils préconisaient également une autonomie financière destinée à prémunir l’institution contre toutes formes de pressions susceptibles d’altérer son indépendance.
Cette proposition avait, par ailleurs, été soumise à un débat ouvert, avec pour objectif de l’enrichir et de recueillir les différentes contributions.
En l’absence, pour l’heure, d’un communiqué conjoint à l’issue de la rencontre de ce mardi, il est toutefois permis de penser que ce document pourrait servir de base aux discussions entre les différentes composantes de l’opposition. L’objectif serait alors de confronter les propositions, d’harmoniser les positions et, éventuellement, de produire un document commun à soumettre au gouvernement.
En face, l’exécutif avait également dévoilé les grandes lignes de sa vision. Le 22 juin dernier, le Premier ministre Robert Beugré Mambé annonçait une nouvelle architecture électorale articulée autour de trois organes : un premier chargé de l’organisation matérielle des élections, un deuxième consacré au recensement et à la compilation des votes, et un troisième chargé de la supervision et du contrôle de l’ensemble du processus électoral.
Depuis la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), le 6 mai dernier, la Côte d’Ivoire reste donc dans l’attente de la mise en place de son nouvel arbitre électoral. Une réforme attendue alors que se profilent déjà les prochaines échéances, notamment les élections municipales et régionales prévues en 2028, avant l’élection présidentielle de 2030.
Entre les propositions du gouvernement et la volonté affichée de l’opposition d’harmoniser ses positions, la future gouvernance électorale apparaît ainsi comme l’un des prochains grands terrains du débat politique ivoirien. Reste désormais à savoir si cette concertation engagée autour du PPA-CI débouchera sur une proposition commune capable de peser dans les discussions avec le gouvernement.
ML
