Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, la porte-parole du Front commun, Maître Habiba Touré, a réagi aux résultats provisoires de l’élection présidentielle du 25 octobre dernier, qui donnent le président Alassane Ouattara vainqueur pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête de la Côte d’Ivoire.
Le Front commun, coalition issue de l’alliance entre le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA de Tidjane Thiam, dénonce ce qu’il qualifie de « coup d’État civil ».
« Le Front commun exprime sa profonde indignation et sa grande tristesse face aux événements du 25 octobre », a déclaré Maître Habiba Touré, estimant que « dans un pays normal, une élection est l’expression libre du peuple ».
Selon elle, « l’élection est devenue une opération de confiscation du pouvoir par la force et la violence ».
Un scrutin marqué par les violences
Dressant le bilan de la journée électorale, Habiba Touré a affirmé que, partout en Côte d’Ivoire, les populations ont été victimes d’intimidations, de violences, d’humiliations, d’enlèvements et d’arrestations, simplement pour avoir voulu défendre la Constitution.
Elle fait état de 96 blessés et 8 morts, dont une victime calcinée à Grand-Nahio (région du Haut-Sassandra) et un adolescent de 13 ans tué par balle à Toumodi, alors qu’il ne participait à aucune manifestation.
« Un scrutin truqué et sans légitimité »
Pour le Front commun, le faible taux de participation constitue une preuve que les Ivoiriens ont massivement boycotté une élection qu’il juge « truquée ».
La coalition affirme ainsi refuser toute légitimité au président réélu et exige le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel.
Parmi ses revendications figurent :
- L’organisation d’un nouveau scrutin présidentiel, inclusif, transparent et conforme à la Constitution ;
- La libération de toutes les personnes arrêtées arbitrairement pour avoir exercé leur droit constitutionnel de manifester ;
- L’abandon des poursuites judiciaires contre ceux qu’elle appelle les « résistants du coup d’État civil » ;
- La mise en place d’une commission d’enquête pour identifier et poursuivre les auteurs des exactions commises contre les civils.
Appel à la communauté internationale
Le Front commun annonce qu’il maintient et intensifiera sa mobilisation jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Enfin, il appelle la communauté internationale à ne pas féliciter un régime qui, selon lui, « continue de piétiner les droits humains dans un silence inquiétant ».
ML
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