Invité de l’émission Droit dans les yeux sur 7 Info, le directeur de cabinet de Laurent Gbagbo a livré une analyse sans concession de la situation politique en Côte d’Ivoire. Entre dénonciation d’un jeu démocratique « vicié » et projection sur l’après-Gbagbo, Emmanuel Ackah précise la ligne du PPA-CI.
Ce vendredi 16 janvier, sur le plateau de la chaîne de télévision 7 Infos, Emmanuel Ackah, directeur de cabinet du président Laurent Gbagbo et cadre influent du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), s’est exprimé sans détour sur l’avenir de son parti, à la veille d’un congrès décisif annoncé comme celui du retrait politique de son fondateur.
« Un jeu démocratique porté sous la baïonnette »
Ancien ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Ghana (2009-2011), Emmanuel Ackah a livré un bilan critique de la participation du PPA-CI au processus électoral, marqué par l’absence du parti à l’élection présidentielle d’octobre 2025 et aux législatives de décembre. Selon lui, cette posture résulte d’un environnement politique qu’il juge profondément verrouillé.
« Le PPA-CI et son candidat ont été empêchés de compétir, alors que le président Laurent Gbagbo a été totalement acquitté par la Cour pénale internationale », a-t-il déclaré. Une situation que le dirigeant du parti assimile à une exclusion politique délibérée, incompatible avec les principes démocratiques.
Dans ce contexte, Emmanuel Ackah estime que la non-participation aux législatives était un choix cohérent. « Nous ne pouvions pas engager le parti dans un jeu que nous condamnons », a-t-il martelé, affirmant que le PPA-CI ne saurait « accorder un intérêt à un jeu démocratique porté sous la baïonnette ».
Un plaidoyer pour les libertés et les détenus d’opinion
Sans ambiguïté, l’ex-ambassadeur soutient que le jeu démocratique en Côte d’Ivoire demeure « vicié ». Pour autant, le PPA-CI entend poursuivre son combat par des voies légales, dans le respect de la Constitution. « Notre lutte est politique et pacifique », a-t-il insisté, rejetant toute implication du parti dans le « terrorisme » ou « l’insurrection ».
Emmanuel Ackah a également lancé un appel appuyé à la libération des détenus d’opinion, affirmant que plus de 1 000 militants du PPA-CI sont actuellement incarcérés. Il plaide pour l’instauration d’un climat politique apaisé, fondé sur des libertés démocratiques effectives et partagées.
L’après-Gbagbo en ligne de mire
Proche collaborateur et ami d’enfance de Laurent Gbagbo, Emmanuel Ackah n’a pas éludé la question de la succession à la tête du PPA-CI. Il assure que le parti dispose de « nombreuses compétences » capables d’assurer la relève du président fondateur et ne saurait s’accommoder des militants indisciplinés qui, exclus de leur responsabilité au sein du parti, devront assumer leur forfait.
Fidèle à sa ligne idéologique, le PPA-CI, selon lui, reste attaché à sa profession de foi : « bâtir une nation ouverte à la paix, à la démocratie et à la prospérité, en plaçant l’homme au centre de l’action publique ». Une ambition que le cadre du parti oppose à ce qu’il décrit comme une gouvernance marquée par la « corruption juridico-sociale », le recul des droits humains et le harcèlement judiciaire des militants de l’opposition.
Le congrès annoncé du PPA-CI devrait ainsi tracer les contours d’un nouveau leadership et fixer la stratégie du parti pour les années à venir, avec en ligne de mire la reconquête du pouvoir d’État.
Les présidentielles et les législatives d’octobre et de décembre derniers ont vu la réélection du président Alassane Ouattara pour un 4ème mandat consécutif à la tête du pays et la victoire de son parti le RHDP, avec 198 sièges obtenus, soit 77,65% des 255 sièges que compte le parlement ivoirien
ML
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