Placé sous mandat de dépôt après avoir été inculpé pour des faits relevant de la diffamation ainsi que pour des faits liés aux violences qui ont émaillé les élections de 2025, l’affaire Justin Katinan Koné suscite une vague d’indignation au sein de l’opposition ivoirienne.
Le 4ᵉ vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a reçu le soutien de plusieurs personnalités de l’opposition, notamment Pascal Affi N’Guessan, du Front populaire ivoirien (FPI), et Ahoua Don Mello.

Le 11 septembre dernier, Pascal Affi N’Guessan a dénoncé l’inculpation de Justin Katinan Koné, qu’il qualifie d’« attaque contre l’opposition ivoirienne d’un régime aux abois ». Il appelle, par ailleurs, ses partisans à ne « céder ni à l’intimidation ni à la peur ».
Dans un communiqué publié ce samedi 12 septembre, Ahoua Don Mello dénonce, pour sa part, « un traquenard évident ». Selon lui, « pour avoir usé du droit républicain de dénoncer les défaillances de l’État dans le scandale de l’orpaillage clandestin, Katinan s’est retrouvé piégé au cœur d’un engrenage judiciaire cynique ».
L’ancien camarade du président Laurent Gbagbo, révoqué du PPA-CI, estime également qu’une « simple plainte civile en diffamation s’est métamorphosée en lourdes accusations pénales ».
Un précédent jugé dangereux
Au-delà du cas personnel de Justin Katinan Koné, Ahoua Don Mello met en garde contre ce qu’il considère comme un précédent. Il dénonce notamment l’utilisation de la loi n° 2024-360 contre un acteur civil « menant un combat à mains nues ».
Dans son communiqué, il formule plusieurs exigences : solidarité avec Justin Katinan Koné, libération immédiate de tous les détenus politiques, règlement des différends politiques par le dialogue plutôt que par la prison et sortie des manifestations politiques du champ du terrorisme.
Il alerte également la communauté internationale sur « l’aggravation préoccupante du déficit démocratique ».
L’opposition converge autour de la question judiciaire
Ces réactions, au-delà de ces deux personnalités et du parti de Laurent Gbagbo, semblent converger sur un même fond : la dénonciation de ce que l’opposition présente comme une criminalisation de la parole politique et un recours à la législation antiterroriste contre les opposants.
L’inculpation de Justin Katinan Koné pourrait ainsi contribuer à ressouder une opposition autour de défis qui lui sont communs.

Un front commun, pour l’heure circonstanciel, et dont la traduction politique reste à mesurer, se dessine autour de l’animateur principal de la « Tribune » du PPA-CI.
Poursuivi à la suite d’une plainte déposée par le RHDP pour diffamation, injure et diffusion de fausses nouvelles, Justin Katinan Koné est également visé par des poursuites pour des faits liés aux troubles à l’ordre public survenus dans le contexte des élections de 2025.
Selon le PPA CI, un plus de 1000 militants restent détenus sans jugement depuis octobre 2025.
ML
