Chanter, c’est prier deux fois : « Saint dans mon quartier », un zouglou pour la Toussaint
Pour accompagner sa réflexion sur la sainteté publiée en ce 1er novembre, L’Actualité Ivoirienne propose un podcast musical d’un genre inattendu : un zouglou dansant qui invite chacun à devenir saint là où il vit.
« Qui bien chante prie deux fois. » L’adage, traditionnellement attribué à saint Augustin et repris par le Catéchisme de l’Église catholique (n° 1156), dit une vérité que l’Afrique connaît d’instinct : la foi ne se murmure pas seulement, elle se chante, elle se danse, elle se partage.
C’est dans cet esprit qu’est né « Saint dans mon quartier ». Le titre prolonge en musique notre article « Ces crises mondiales sont des crises de saints ». Il en reprend l’intuition centrale, empruntée à saint Josemaria : la sainteté n’est pas réservée à quelques privilégiés. Elle se vit dans le gbaka du matin, au bureau, au marché, en famille, dans « le petit devoir de chaque instant ».
Le zouglou s’est imposé naturellement. Né sur les campus d’Abidjan au début des années 1990, ce genre a toujours su mêler l’humour du quotidien à des messages graves sur la société. Ici, il porte l’Évangile des Béatitudes proclamé en ce jour de Toussaint : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »
La chanson déroule trois mouvements :
- La sainteté ordinaire, celle de la vendeuse de garba souriante ou du planton qui refuse l’argent.
- La joie d’être enfant de Dieu, au cœur de la famille qui se pardonne.
- La réconciliation, pour la Côte d’Ivoire, l’Afrique, une Europe fatiguée et un monde en crise.
Un pont dansant, construit sur le principe de l’animation propre au zouglou, invite le public au « pas de la paix » et au « pas du pardon ». Le format se prête aux paroisses, aux mouvements de jeunes et aux veillées.
Car si chanter, c’est prier deux fois, danser la paix, c’est peut-être déjà commencer à la construire.
Paroles : Gilles Yao. Musique réalisée avec l’aide de l’intelligence artificielle.
Gilles Yao — Correspondant permanent, Rome — www.lactualite-ivoirienne.ci
