Dans un document publié le 11 juillet dernier, l’ancien collaborateur du président Laurent Gbagbo, tout en saluant la crédibilité de la Côte d’Ivoire sur les marchés financiers, estime que les partenaires et investisseurs locaux devraient occuper une place de premier plan dans les opportunités qu’offre le nouveau Plan national de développement (PND) 2026-2030.

Ahoua Don Mello recommande que la priorité soit accordée aux projets à fort impact social. Selon lui, si la multiplication des grands chantiers constitue une avancée, il est tout aussi important d’agir avec diligence en faveur des secteurs clés que sont la santé, l’éducation, l’agriculture moderne, l’industrie et l’économie numérique afin de tendre vers le plein emploi, avec pour conséquence immédiate une réduction durable de la pauvreté.

Le candidat malheureux à l’élection présidentielle d’octobre 2025 invite ainsi le gouvernement du président Alassane Ouattara à transformer ses promesses en actes, au bénéfice des populations ivoiriennes. Pour lui, la « vente aux enchères » du nouveau PND « interroge la soutenabilité d’une stratégie qui mise tout sur la frénésie des bailleurs et des multinationales au détriment du contenu local et de la stabilisation, en valeur absolue, de la pauvreté malgré une évolution de sa valeur relative ». Il ajoute que « malgré les discours volontaristes du gouvernement sur le contenu local et les champions nationaux, une réalité s’impose : les multinationales demeurent les principales bénéficiaires, au détriment du secteur privé ivoirien ».

Dans cette même analyse, le plus Russe des Ivoiriens déplore « une dépendance excessive vis-à-vis du secteur privé extérieur », soulignant que 70,2 % du financement attendu du PND devraient provenir de son engagement.

Un risque d’exécution et de soutenabilité

Ahoua Don Mello met également en évidence un décalage chronique entre les annonces gouvernementales et leur mise en œuvre. À l’appui de son argumentation, il rappelle que, dans le cadre du PND 2016-2020, seulement 38 % des prévisions ont été réalisés, soit à peine plus du tiers des objectifs fixés, ce qui, selon lui, traduit un risque structurel d’exécution.

L’ancien porte-parole du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo qualifie par ailleurs de « surchauffe » le risque lié à la dette ivoirienne, évaluée à 57,1 % du PIB. Il fait observer que le cumul des engagements pris lors du Groupe consultatif dans le cadre du PND 2026-2030, estimé à 47 820 milliards de FCFA, représente près de 77 % du PIB projeté pour 2026, évalué à 62 340 milliards de FCFA. Pour Ahoua Don Mello, « une gestion rigoureuse des flux de trésorerie s’impose afin d’éviter un effet de cascade ».

Un programme d’investissement de plus de 114 000 milliards de FCFA

PND 2026-2030 : Ahoua Don Mello dénonce la faible implication du secteur privé national

À travers le Plan national de développement 2026-2030, le gouvernement ivoirien engage un nouveau cycle d’investissements et de transformation économique, doté d’une enveloppe globale de 114 832,5 milliards de FCFA.

L’ambition de ce nouveau PND repose sur plusieurs objectifs majeurs : accélérer la croissance économique, accroître le revenu par habitant, réduire la pauvreté, développer l’emploi formel, renforcer le capital humain et améliorer l’espérance de vie.

Les principales orientations de ce cycle quinquennal visent notamment à renforcer le rôle du secteur privé dans le financement de la transformation économique, à favoriser l’émergence de pôles économiques régionaux et à consolider le capital humain. À cet effet, six secteurs prioritaires ont été retenus, parmi lesquels figurent notamment :

  • l’agro-industrie, avec la création de neuf pôles agro-industriels régionaux couvrant seize filières prioritaires ;
  • les transports et les infrastructures, avec notamment le projet de TGV Abidjan-Yamoussoukro-Bouaké-Korhogo-Ferkessédougou ;
  • les énergies et les mines, avec une capacité électrique portée à 5 751 MW ;
  • l’éducation et la santé, avec la construction de cinq nouvelles universités régionales et de cinq CHU régionaux ;
  • le numérique et l’habitat, avec la création de 509 centres communautaires et la réalisation de 150 000 logements sociaux.

Le PND 2026-2030 s’inscrit dans la continuité du précédent plan, dont le taux d’exécution est estimé à 94,01 %, traduisant, selon le gouvernement, une capacité soutenue de mobilisation des ressources, de suivi des priorités et de réalisation des investissements programmés.

Le PND 2026-2030 a été adopté en Conseil des ministres le 4 février 2026 avant d’être voté à l’unanimité par l’Assemblée nationale en séance plénière le 14 avril de la même année.

ML

Ne manquez aucune actualité

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir nos articles par email.

🤞 Ne manquez pas ces conseils !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Newsletter

Restez informé de l'actualité ivoirienne

Recevez chaque jour, directement dans votre boîte mail, l'essentiel de l'actualité politique, économique et sociale de Côte d'Ivoire.

Ne manquez pas ces conseils !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Sans spamUn email par jour maximumDésabonnement en 1 clic
Espace annonceurs

Faites connaître votre marque

Profitez d'une expérience de navigation optimale et touchez nos lecteurs, sur ordinateur comme sur mobile. Découvrez comment annoncer sur L'Actualité Ivoirienne.

En savoir plus
Réponse sous 24h ouvrées