Assalé Tiémoko, Président de l' ADCI


Le calendrier électoral ivoirien de l’année 2025 s’est achevé le samedi 27 décembre avec la tenue des élections législatives, marquées par un enjeu majeur de 255 sièges à l’Assemblée nationale. Selon les résultats provisoires publiés par la Commission électorale indépendante (CEI), le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), parti au pouvoir, arrive largement en tête du scrutin.

Sans surprise, le parti du président Alassane Ouattara remporte 197 sièges, soit un gain de 29 députés par rapport à la précédente législature où il disposait de 168 élus. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), conduit par Tidjane Thiam, obtient 32 sièges, enregistrant ainsi une nette régression comparée à la précédente mandature où il en comptait 64. Les 26 sièges restants sont répartis entre les candidats indépendants, le Front populaire ivoirien (FPI) et le mouvement Buffle.

Comme lors de l’élection présidentielle d’octobre dernier, le taux de participation constitue l’un des principaux enseignements de ce scrutin. D’après la CEI, la participation s’établit à 35,04 %, en baisse par rapport aux législatives de 2021 qui avaient enregistré un taux de 37,88 %. Ces résultats restent toutefois provisoires et doivent encore être validés par le Conseil constitutionnel.

Dans l’attente de cette confirmation, plusieurs acteurs politiques ont vivement réagi. Le président de l’ADCI, Assalé Tiémoko, député-maire de Tiassalé et candidat à sa propre succession, a rejeté les résultats proclamés par la CEI locale. Lors d’une conférence de presse, tenue le 30 décembre dernier au siège de son mouvement, il a accusé l’institution électorale de fraude et affirmé disposer de preuves qu’il entend faire valoir dans le cadre du contentieux électoral.

Selon Assalé Tiémoko, l’ensemble des 127 procès-verbaux issus des bureaux de

Selon Assalé Tiémoko, l’ensemble des 127 procès-verbaux issus des bureaux de vote attesteraient de sa victoire avec une avance de 1 356 voix sur son adversaire du RHDP. « J’ai gagné ces élections et je me battrai pour que la volonté du peuple de Tiassalé et de Morokro soit respectée », a-t-il déclaré, dénonçant une pratique de la tricherie qui, selon lui, menace la crédibilité du processus démocratique et risque de détourner durablement les citoyens des urnes.

De son côté, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), qui avait refusé de participer à ces législatives, a également livré une lecture sévère du scrutin à l’occasion d’un conférence de presse, organisée le mardi dernier à son siège. Par la voix de son président exécutif, le professeur Danon Djédjé, le parti de Laurent Gbagbo qualifie ces élections, à l’instar de la présidentielle d’octobre dernier, de « braquage électoral », symbole d’un processus électoral profondément discrédité.

Revenant sur une présidentielle qu’il juge non constitutionnelle, non inclusive et non transparente, Danon Djédjé estime que la Côte d’Ivoire est engagée dans une dynamique de régression démocratique, marquée par l’affaiblissement de l’État de droit et la restriction des libertés publiques. Selon le PPA-CI, le climat politique actuel, caractérisé par des morts, des blessés, des prisonniers politiques et des exilés, a durablement altéré la confiance des citoyens dans les institutions et les mécanismes électoraux.

Pour le parti de l’ancien président de la République, Laurent Gbagbo, le faible taux de participation observé lors de ces législatives est le reflet d’un scrutin organisé dans la précipitation, sans consensus politique, et donc privé de toute crédibilité démocratique. Le PPA-CI considère que la nouvelle majorité obtenue par le RHDP, avec 29 sièges supplémentaires, constitue un nouvel épisode de ce qu’il qualifie de confiscation de la souveraineté populaire.

Le professeur Danon Djédjé voit dans l’abstention massive un désaveu clair d’un

Le professeur Danon Djédjé voit dans l’abstention massive un désaveu clair d’un processus électoral « vidé de sa substance et déconnecté des aspirations populaires ». La non-participation du PPA-CI aux législatives de 2025 est ainsi présentée comme un refus de cautionner un ordre politique jugé illégitime. Le parti se félicite d’avoir boycotté un scrutin qu’il estime dépourvu de garanties minimales de transparence, d’équité et d’inclusivité, et affirme poursuivre son combat pour la préservation de l’intégrité démocratique.

Dans cette perspective, le PPA-CI appelle à des réformes substantielles, notamment la recomposition et la révision annuelle de la liste électorale, la réforme de l’état civil, un découpage électoral équitable et consensuel, ainsi que la libération de tous les prisonniers politiques et le retour sécurisé des exilés. Le parti invite enfin ses militants à une remobilisation en vue de la reconquête du pouvoir d’État à l’horizon 2030.

Pour l’heure, tous les regards restent tournés vers le Conseil constitutionnel, tandis que la phase de contentieux électoral demeure ouverte jusqu’au 5 janvier 2026.

ML

Lire aussi :

Ne manquez aucune actualité

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir nos articles par email.

🤞 Ne manquez pas ces conseils !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Newsletter

Restez informé de l'actualité ivoirienne

Recevez chaque jour, directement dans votre boîte mail, l'essentiel de l'actualité politique, économique et sociale de Côte d'Ivoire.

Ne manquez pas ces conseils !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Sans spamUn email par jour maximumDésabonnement en 1 clic
Espace annonceurs

Faites connaître votre marque

Profitez d'une expérience de navigation optimale et touchez nos lecteurs, sur ordinateur comme sur mobile. Découvrez comment annoncer sur L'Actualité Ivoirienne.

En savoir plus
Réponse sous 24h ouvrées