À l’ouverture de l’année pastorale 2026-2027, l’Archidiocèse d’Abidjan ne se contente pas d’afficher le thème d’une « Église-famille de Dieu synodale, autonome, au service de tous ». Il entend en faire un véritable chantier de gouvernance partagée. Sous l’impulsion du Cardinal Ignace Bessi Dogbo, les laïcs accèdent à des responsabilités nouvelles au sein des conseils pastoraux paroissiaux et dans la gestion des affaires économiques, transformant ainsi la synodalité en méthode de décision et la transparence financière en culture ecclésiale.

Une vision : la parole, désormais confrontée aux actes

Depuis 2024, installé à la tête de l’Archidiocèse d’Abidjan, le Cardinal Ignace Bessi Dogbo fait de la synodalité, de l’autonomie financière et du service de tous, le triptyque de sa vision pastorale.

L’année 2026-2027 marque, à cet égard, un tournant. Il ne s’agit plus seulement de proclamer une « Église-famille synodale », mais de l’incarner dans les structures où les laïcs assument des rôles et des responsabilités majeurs, notamment au sein des conseils pastoraux paroissiaux (CPP) et des conseils pour les affaires économiques.

Concrètement, chaque paroisse est appelée à faire du CPP un véritable organe de décision partagée, où laïcs, prêtres et consacrés co-construisent les orientations pastorales, sociales et économiques.

Dans cette logique, le laïc n’est plus seulement un « partenaire » consulté. Il devient coresponsable de la vie paroissiale, de la priorisation des actions et du suivi de leurs résultats.

La gestion économique, nouveau champ de responsabilité des laïcs

L’une des marques les plus novatrices de l’action du Cardinal Ignace Bessi Dogbo réside dans la place accordée aux laïcs dans la gestion des affaires économiques de l’Archidiocèse d’Abidjan.

Sous l’impulsion de l’Archevêque, l’Économat diocésain a déjà engagé une dynamique de transparence et de reddition des comptes, avec la publication de rapports financiers et structurels ainsi que la réalisation d’audits annuels. L’enjeu, au cours de cette nouvelle année pastorale, est désormais d’ancrer cette culture de la redevabilité au niveau paroissial, sous la conduite de laïcs compétents.

Cette implication répond à un double objectif : renforcer l’autonomie financière de l’Église d’Abidjan afin de réduire sa dépendance aux aides extérieures, mais également garantir une gestion juste et solidaire des ressources au bénéfice des plus vulnérables.

Des projets concrets, à l’image du programme « Fraternité et Solidarité », doté de 95 millions de FCFA pour accompagner 500 ménages et maintenir 300 enfants à l’école, illustrent cette volonté de rapprocher gestion rigoureuse et charité effective.

Une Église-famille inclusive : au-delà des mots, les actes

Dans une société ivoirienne encore marquée par des clivages ethniques, régionaux et sociaux, la « marque Ignace Bessi Dogbo » entend faire de chaque paroisse un laboratoire de communion fraternelle, où les discriminations, les exclusions et les logiques de clan n’ont pas leur place.

Là encore, les laïcs sont appelés à devenir les artisans de cette inclusion. Ils devront notamment veiller à la mise en œuvre des décisions des CPP, en tenant compte de toutes les composantes de la communauté, avec, en ligne de mire, la lutte contre toute forme de favoritisme dans l’accès aux ressources de l’Église.

L’enjeu dépasse donc la seule organisation interne des paroisses. Il touche à la manière dont une communauté religieuse peut construire, dans son propre fonctionnement, les conditions d’une plus grande fraternité et d’une responsabilité partagée.

La synodalité comme méthode, et non comme simple slogan

La synodalité n’est plus présentée comme un concept abstrait. Elle se traduit désormais par des mécanismes de participation, de concertation et d’évaluation.

Les laïcs sont ainsi appelés à prendre part aux bilans pastoraux, aux revues financières et aux comités de suivi du plan triennal.

Une telle méthode suppose toutefois une conversion des mentalités. Les pasteurs doivent accepter de partager davantage la responsabilité décisionnelle, tandis que les laïcs sont appelés à assumer la leur avec humilité, compétence et sens du bien commun.

C’est précisément dans cet équilibre entre autorité pastorale et coresponsabilité que se joue la portée réelle de la démarche engagée.

La « marque Ignace Bessi Dogbo », quel enjeu pour la société ivoirienne ?

En faisant des laïcs des acteurs de la gestion et de la mission, l’Église catholique à Abidjan ne transforme pas seulement son mode de fonctionnement interne. Elle met également en avant un modèle de gouvernance fondé sur la participation, la transparence et la responsabilité collective.

Dans un contexte national où la confiance dans certaines institutions demeure un enjeu, cette expérience ecclésiale peut être observée comme un espace d’apprentissage de la participation citoyenne, de la justice sociale et de la solidarité concrète.

Cette dimension prend une résonance particulière face aux situations sociales qui interrogent aujourd’hui la communauté nationale, notamment celles des personnes affectées par le déguerpissement de Koumassi Campement ou encore la question des prisonniers d’opinion détenus depuis la crise électorale de 2025.

Sans se substituer aux institutions publiques, l’Église peut ainsi faire de son propre fonctionnement un espace où se pratiquent la responsabilité collective, l’écoute de l’autre et la recherche du bien commun.

De la réforme des structures à une nouvelle culture de responsabilité

La « marque Ignace Bessi Dogbo » ne se résume donc plus à un label pastoral. Elle semble se dessiner autour d’une transformation plus profonde : celle d’une Église qui cherche à faire de ses structures paroissiales des espaces de coresponsabilité, de transparence et de communion.

L’enjeu de l’année pastorale 2026-2027 sera alors moins de savoir si les laïcs sont appelés à participer que de mesurer jusqu’où cette participation pourra réellement peser sur les décisions, la gestion des ressources et la vie des communautés.

Car, au fond, la véritable nouveauté de cette démarche réside peut-être là : faire passer la synodalité du discours à la pratique et transformer le laïc de simple participant en véritable acteur de la construction de l’Église-famille.

À travers cette architecture nouvelle, l’Archidiocèse d’Abidjan ne se contente donc pas de réformer ses structures. Il expérimente une autre manière de faire Église : une Église où les pasteurs et les laïcs construisent ensemble, chacun dans son rôle, une communauté davantage fondée sur la responsabilité, la transparence et la communion fraternelle.

ML

Ne manquez aucune actualité

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir nos articles par email.

🤞 Ne manquez pas ces conseils !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Newsletter

Restez informé de l'actualité ivoirienne

Recevez chaque jour, directement dans votre boîte mail, l'essentiel de l'actualité politique, économique et sociale de Côte d'Ivoire.

Ne manquez pas ces conseils !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Sans spamUn email par jour maximumDésabonnement en 1 clic
Espace annonceurs

Faites connaître votre marque

Profitez d'une expérience de navigation optimale et touchez nos lecteurs, sur ordinateur comme sur mobile. Découvrez comment annoncer sur L'Actualité Ivoirienne.

En savoir plus
Réponse sous 24h ouvrées