Cette semaine, la météo de l’actualité ivoirienne indique une cristallisation de l’appétence de l’égo, au détriment des appels à l’unité nationale et à la construction d’un Etat-Nation.
Depuis 3 décennies maintenant, la Côte d’Ivoire connaît, à chaque veille d’une élection présidentielle des tensions socio-politiques. Ces tensions alimentées par les partis politiques, restent tributaires des velléités de gagner le mandat pour « gérer le pays« .
Cette semaine, entre investiture de candidats, pré-campagne et marche de protestation, la Côte d’ivoire est pris en otage par des divergences et retient son souffle. 3 blocs se dégagent.
D’un côté, le parti au pouvoir, le RHDP, prépare l’investiture de son candidat le 2 octobre prochain, en la personne du Président Alassane OUATTARA, dont l’acte de candidature à un 4ème mandat est contesté.
D’un autre côté, le front commun, mené par le PPA CI, le PDCI et leurs alliés, qui seront dans la rue le 4 octobre prochain, pour exiger du gouvernement, un dialogue politique en vue d’une élection présidentielle inclusive.
De l’autre côté, 4 autres candidats engagés, pour tenir le challenge face au candidat du RHDP. Pour eux, l’opportunité est offerte aux électeurs de sortir massivement pour contrarier « le confort » du parti au pouvoir, qui s’assure de remporter ces élections au premier tour.
Les appétences sont donc variées. Que va t-il donc se passer ? Les scénarios semblent hypothétiques et improbables.
La communion de la « raison » est rompue
La communion de la « raison » est rompue. Le silence est assourdissant et les Ivoiriens sont replongés dans l’anxiété, l’angoisse et la peur.
Face à cette météo apocalyptique, le gouvernement rassure. 44 000 soldats des forces de défense et de sécurité sont déployés partout sur l’ensemble du territoire national, pour contenir toutes les éventualités susceptibles de perturber le climat social et garantir ainsi une campagne électorale « tranquille » et un scrutin présidentiel « apaisé, libre et démocratique ».
L’opposition réunie au sein du front commun avec le PPA CI, le PDCI et leurs alliés, continue de réclamer des présidentielles inclusives, la révision de la liste électorale et dénonce l’acte de candidature pour la 4ème fois consécutive, du Président Alassane OUATTARA.
L’autre opposition, celle des candidats admis par le Conseil Constitutionnel, se félicite d’avoir été retenue à concourir et s’active, nonobstant une liste électorale jugée » avantageuse » au Président sortant et en dépit de ce qu’elle dénonce un 4ème mandat, à offrir d’après ses convictions, une alternative au peuple Ivoirien.
Pour cette opposition, les personnalités comme le Docteur Simone EHIVET, ex-Première Dame et Présidente du Mouvement Génération Capable, le Député Jean-Louis BILLON, candidat de la plateforme politique » CODE », Congrès Démocratique, Ahoua DON-MELLO, candidat indépendant et militant du PPA CI et Henriette LAGOU, candidate du GP PAIX, constituent des profils intéressants, jouissant de capacité avérée, pour gagner le pouvoir avec « affrontement » dans les urnes, évitant ainsi des « bagarres ensanglantées » en l’occasion d’affrontements dans les rues du pays.
Si l’on ne peut s’entendre sur les objectifs inavoués de chaque groupe d’intérêts, il paraît nécessaire de nous accorder sur « la valeur » de notre « bien commun » qu’est la Côte d’Ivoire, quoique difficile à promouvoir, du fait de ce que, chaque groupement d’intérêt politique, à sa « compréhension » de la Constitution, loi fondamentale qui devrait consacrer le » ciment de notre unité et notre cohésion nationale ».
La valeur du bien commun réside dans « l’agir en bien pour les autres et pour soi même ». A ce sujet et de vénéré mémoire, le Pape Benoit XVI indiquera dans une lettre encyclique, diffusée en 2009 » qu’à côté du bien individuel, il y’a un bien lié à la vie en société » et poursuivra t-il, » la nature de ce bien, impose que tous les citoyens y aient leur part ».
Quel est donc la part de la majorité silencieuse
Quel est donc la part de la majorité silencieuse ?
Cette majorité silencieuse attend que les détenteurs des pouvoirs publics, les politiques et les leaders d’opinions, lui offre un « pays réconcilié où la peur de l’autre a disparu et la justice inclusive, vraie, sincère, authentique, réussie, va jusqu’à son terme« , guérisse les souvenirs des blessures, de la haine, du désir de vengeance.
Le point 35, de la lettre pastorale de la Conférence des Evêques Catholiques, en faveur de la réconciliation, la justice et la paix, instruit clairement « qu’il faut éviter que le politique s’immisce et instrumentalise la justice à des fins politiciennes, qu’il manipule la justice selon ses intérêts ou qu’il personnalise les textes fondamentaux qui garantissent et gèrent le consensus de la coexistence commune et de l’unité nationale. » Dans cette lettre, les Evêques faisaient observer que » ces dernières années les Autorités gouvernementales de toutes les tendances idéologiques de la Côte d’Ivoire, ont toujours tenté de manipuler la justice ivoirienne selon leurs intérêts; soit pour denier la nationalité ivoirienne, soit pour la brader, soit pour rendre inéligible un adversaire politique, soit pour remettre à la justice internationale certains compatriotes, tandis que d’autres responsables de crimes , jouissent de leur liberté. »
Les élections présidentielles en côte d’Ivoire se tiendront le 25 octobre prochain et les candidats au nombre de 5, dont le Président sortant, Alassane OUATTARA seront à l’assaut des 8,7 millions d’électeurs.
En 2020, les présidentielles en Côte d’Ivoire ont été le théâtre d’affrontements d’une extrême violence entre partisans du RHDP et ceux de l’opposition. Le Conseil national des droits de l’homme avait dénombré au moins 282 blessés et 55 morts.
ML
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