COMMÉMORATION DE TOUS LES FIDÈLES DÉFUNTS · ÉVANGILE DU JOUR

« Je ne perdrai aucun de ceux qu’il m’a donnés »

Au lendemain de la Toussaint, l’Église fait mémoire de tous les fidèles défunts. L’Évangile de ce lundi 2 novembre (Jn 6, 37-40) répond à la question que chacun porte devant la tombe d’un être cher : que deviennent nos morts ?

Hier, l’Église contemplait la foule immense des saints dans la gloire. Aujourd’hui, elle se tourne vers tous ceux qui nous ont précédés : parents, amis, voisins, frères et sœurs dans la foi, connus ou oubliés. Les deux fêtes sont inséparables. Elles disent ensemble le mystère de la communion des saints, ce lien que la mort ne rompt pas entre l’Église du ciel, celle qui achève sa purification et celle qui marche encore sur la terre.

Une promesse sans exception

Dans l’Évangile de ce jour, Jésus révèle la volonté du Père en des termes d’une rare clarté. Elle tient en une phrase : qu’il ne perde « aucun de ceux qu’il m’a donnés », mais qu’il les ressuscite au dernier jour. Il ajoute une assurance qui touche chacun personnellement : celui qui vient à lui, il ne le jettera pas dehors.

Cette parole n’est pas une consolation vague. C’est une promesse. Le Christ ne dit pas seulement que la vie continue autrement. Il affirme que celui qui croit au Fils a, dès maintenant, la vie éternelle, et qu’il le ressuscitera lui-même. L’acclamation de l’Évangile le résume : « Moi, je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 25).

Prier pour nos défunts, un acte de charité

Pourquoi alors prier pour les morts, si le Seigneur promet de n’en perdre aucun ? Parce que l’amour ne s’arrête pas au cimetière. L’Église enseigne que ceux qui meurent dans l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, connaissent une purification avant d’entrer dans la joie du ciel (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1030-1031). Dès les premiers siècles, elle a honoré la mémoire des défunts et offert pour eux des suffrages, en particulier le sacrifice eucharistique. Elle recommande aussi l’aumône, les indulgences et les œuvres de pénitence en leur faveur (CEC, n° 1032).

Prier pour nos morts n’est donc pas un rite de tristesse. C’est le dernier service de la charité, et peut-être le plus discret.

Au-delà des funérailles, l’espérance

En Côte d’Ivoire, les funérailles occupent une place considérable dans la vie des familles et des communautés. Elles mobilisent beaucoup d’énergie, de temps et de moyens. L’Évangile du jour invite à remettre l’essentiel au centre : une messe offerte, un chapelet récité, une visite au cimetière, un pardon accordé valent davantage que bien des dépenses. Ce que nous devons à nos défunts, c’est d’abord notre prière et notre espérance.

Car pour le chrétien, la mort n’a pas le dernier mot. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle, et le Christ lui-même le ressuscitera au dernier jour.

Que les âmes des fidèles défunts, par la miséricorde de Dieu, reposent en paix.

Gilles Yao — Correspondant permanent, Rome — L’Actualité Ivoirienne

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