Les 14 et 15 mai derniers, le Palais de la Culture de Treichville, à Abidjan, a accueilli le premier congrès ordinaire du PPA-CI, après le congrès constitutif de mars 2021.
Quatre années après sa création, le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire s’est ainsi réuni pour dresser le bilan de son parcours politique, évaluer les défis auxquels il fait face et définir ses perspectives à l’horizon 2028-2030.

À cette occasion, les 3 500 congressistes ont passé en revue la vie du parti depuis sa création. Les travaux ont essentiellement porté sur le bilan des élections générales de 2025, l’implantation territoriale du parti ainsi que les enjeux prospectifs liés à son repositionnement politique.
L’un des points majeurs de ce congrès demeure, sans surprise, la réélection du président Laurent Gbagbo à la tête du parti, accompagnée d’un renforcement significatif de son statut politique au sein de l’organisation. Cette nouvelle configuration le consacre davantage comme la référence centrale du PPA-CI, avec une autorité politique qui s’impose désormais au-dessus des grandes orientations stratégiques du parti.

Ainsi, la parole de Laurent Gbagbo continue de transcender les clivages internes et conserve une influence prépondérante sur les questions engageant la vie du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire.
Sur le volet disciplinaire, le congrès a également marqué les esprits. Une soixantaine de militants ont été sanctionnés pour des actes jugés contraires aux décisions du parti. Les sanctions prononcées vont de trois à dix-huit mois de suspension, notamment contre Stéphane Kipré, le professeur Georges Armand Ouégnin ainsi que 56 autres militants.
Trois cadres ont, quant à eux, été radiés du parti
Trois cadres ont, quant à eux, été radiés du parti. Parmi eux figurent Fernand Ahilé, Antoine Kangah — élu maire PPA-CI de M’Batto et désormais militant du RHDP — ainsi qu’Ahoua Don Mello, ex-vice-président chargé de la promotion du panafricanisme et principal conseiller aux relations extérieures du président Laurent Gbagbo.

Ces sanctions constituent une réponse directe aux actes de défiance enregistrés lors des élections présidentielle et législatives de 2025. Les personnes visées avaient choisi de participer aux scrutins en contradiction avec la ligne officielle du parti, qui avait décidé de boycotter ces élections pour protester contre la non-inscription de Laurent Gbagbo sur la liste électorale ainsi que contre les conditions d’organisation des scrutins.
Des élections qui avaient conduit à la réélection du président Alassane Ouattara pour un quatrième mandat consécutif, tandis que le RHDP consolidait sa majorité au Parlement ivoirien.
Pour le président du congrès, l’ambassadeur Emmanuel Ackah, directeur de cabinet de Laurent Gbagbo, ces sanctions visent avant tout à préserver la cohésion interne du parti et à servir d’exemple pour l’avenir :« Que ces décisions graves servent d’exemple et que personne ne soit tenté de passer outre les règlements et les décisions du parti. »
Selon lui, les militants sanctionnés ont affiché une posture de défiance ayant fragilisé l’unité du parti et remis en cause son orientation stratégique arrêtée par le Comité central avant les échéances électorales de 2025.
Le samedi 16 mai, à Songon, dans le cadre des festivités de l’édition 2026 de la Fête de la Renaissance, Laurent Gbagbo est revenu sur les conditions de tenue des élections de 2025, la situation des militants incarcérés ainsi que les perspectives politiques à venir.
Qualifiant la présidentielle de 2025 de « brouhaha », l’ancien chef de l’État a de nouveau dénoncé les circonstances ayant conduit au retrait de sa candidature ainsi que le maintien d’une Commission électorale qu’il continue de juger dépendante du pouvoir en place.
Pour Laurent Gbagbo et son parti
Pour Laurent Gbagbo et son parti, l’heure doit désormais être consacrée au renforcement de l’État de droit, à la promotion des libertés publiques et à la consolidation de la démocratie en Côte d’Ivoire.
L’ancien président a également insisté sur la nécessité d’obtenir la libération des militants détenus pour leurs opinions politiques. Il a réaffirmé que : « La démocratie pour laquelle il s’est battu et continue de se battre doit consacrer définitivement la liberté d’expression. »
Dans la continuité de cet appel, Laurent Gbagbo a exhorté les partis politiques et les organisations de la société civile attachés aux valeurs démocratiques à renforcer la culture de la liberté et de la démocratie.« Sans liberté, il n’y a pas de développement. Veillons à préserver les acquis de nos luttes. »
S’inscrivant dans les conclusions du congrès, le président du PPA-CI a enfin annoncé une refonte prochaine de l’architecture administrative du parti, dans une volonté affichée de restructuration et de redynamisation de l’organisation.
Une nouvelle configuration administrative devrait ainsi voir le jour dans les prochaines heures afin d’adapter le parti aux défis actuels, notamment en perspective des élections locales de 2028 et de l’échéance présidentielle de 2030, avec pour objectif une implantation totale du PPA-CI sur l’ensemble du territoire national.
Max Lincoln
