La vie de l’Église et celle de la Nation
La 128ᵉ Assemblée plénière ordinaire de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire (CECCI) s’est ouverte à San Pedro, où elle se tient du 20 au 25 janvier. La messe inaugurale, célébrée en la paroisse St Paul de la cité le 19 janvier dernier, a donné le ton des travaux à venir, centrés sur deux grands axes : la vie ecclésiale et la vie de la nation.
Présidant cette célébration, Monseigneur Marcelin Kouadio, président de la CECCI et évêque de Daloa, est longuement revenu sur la situation politique en Afrique et dans le monde. S’appuyant sur la tradition biblique, notamment le livre de Samuel (1 S 16, 1-3), il a rappelé que « l’accession au pouvoir procède d’un choix divin ». À travers cette référence, le prélat a dénoncé ce qu’il qualifie de « divinités politiques » qui tirent leur légitimité de puissances étrangères nuisibles, au point que « le peuple ne compte plus et Dieu encore moins ».
Pour Monseigneur Marcelin Kouadio, la vocation de l’homme politique est avant tout de placer l’être humain au cœur de ses priorités. « L’exercice du pouvoir n’est ni une affaire de carnets d’adresses, ni de partis politiques », a-t-il insisté, ajoutant que gouverner échappe aux grandes puissances, à l’hypocrisie des institutions internationales, aux multinationales, à la Françafrique et aux autres systèmes d’influence. Contrairement aux hommes, a-t-il rappelé, Dieu « regarde le cœur et non l’apparence ».

Les préoccupations politiques et démocratiques de l’Église
Au-delà des considérations spirituelles, l’Église catholique en Côte d’Ivoire demeure profondément préoccupée par l’évolution des pratiques démocratiques sur le continent africain. Elle évoque notamment la question des « indépendances sous tutelle ». À ce sujet, le président de la CECCI a regretté que les Africains « tentent d’imiter les modèles de la démocratie occidentale dans un contexte marqué par la violence, la prédation économique et l’ingérence étrangère ».
Selon lui, cette situation est largement liée à des modes d’accession au pouvoir jugés illégitimes : rébellions armées, fraudes électorales, contestations systématiques des résultats issus des urnes, parfois avec la complaisance de certains observateurs internationaux. « Dans un tel environnement, les faux vainqueurs sont félicités et célébrés au détriment du verdict des urnes », a-t-il déploré.
Les enjeux ecclésiaux au cœur des travaux
Sur le plan ecclésial, les évêques mèneront des travaux en commissions portant notamment sur les séminaires, la musique sacrée, la liturgie, ainsi que sur l’examen de la situation financière de l’Église catholique en Côte d’Ivoire.
Par ailleurs, deux projets majeurs occupent une place importante dans l’agenda de cette assemblée : le projet de construction d’une Université catholique et celui d’un centre de ressourcement spirituel.
Clôture de l’Assemblée
La 128ᵉ Assemblée plénière ordinaire de l’épiscopat ivoirien s’achèvera le dimanche 28 janvier par une messe solennelle à la cathédrale Saint-Pierre de San Pedro.
ML
