Instituée par décret en 1996, la Côte d’Ivoire marque cette année la 29ᵉ édition de la Journée Nationale de la Paix. Comme chaque année, cette célébration vise à réaffirmer l’engagement du gouvernement et de l’ensemble des citoyens en faveur de la cohésion sociale et de la promotion d’une paix durable.
Cette initiative avait émergé à une période de fortes tensions politiques survenues après le décès du président Félix Houphouët-Boigny en 1993. Le pays a ensuite été secoué par plusieurs crises majeures : violences électorales répétées, coup d’État de 1999, rébellion armée de 2002, puis la crise post-électorale de 2010 qui a causé au moins 3 000 morts.
À l’occasion de la messe officielle dédiée à la paix
À l’occasion de la messe officielle dédiée à la paix, célébrée ce jour samedi 15 novembre, à la paroisse Notre-Dame de la Tendresse dans l’Archidiocèse d’Abidjan et présidée par le Cardinal Ignace Bessi Dogbo, Monseigneur Bruno Essoh Yedoh — Évêque de Bondoukou et président de la Commission pour la pastorale sociale — a lancé un appel fort au gouvernement. Il a invité les autorités à libérer les personnes emprisonnées pour leurs opinions politiques et privées de leurs droits civiques, dans le contexte de la crise électorale liée à la présidentielle du 25 octobre dernier, qui a reconduit le président Alassane Ouattara pour un quatrième mandat. L’Église catholique avait pourtant insisté à plusieurs reprises sur la nécessité d’un dialogue politique en vue d’élections inclusives, justes, transparentes et apaisées.
L’Église déplore qu’à chaque scrutin le pays connaisse des morts, des blessés et d’importants dégâts matériels, regrettant que ses appels préventifs restent souvent sans suite. Elle s’interroge également sur le fait que, malgré l’expertise juridique abondante en Côte d’Ivoire, l’interprétation de la Constitution — censée constituer le socle de l’unité nationale — devienne un sujet de division.

Dans son plaidoyer, l’Église insiste donc sur la nécessité pour le gouvernement d’envisager une amnistie pour les citoyens incarcérés en raison de leurs opinions politiques, mesure qui contribuerait selon elle à apaiser le climat socio-politique et à consolider la paix.
Monseigneur Bruno Essoh Yedoh a rappelé que l’Église ne peut se soustraire à sa
Monseigneur Bruno Essoh Yedoh a rappelé que l’Église ne peut se soustraire à sa mission fondamentale : annoncer la parole de Dieu, une parole de vérité. Elle ne saurait rester silencieuse face aux injustices et aux déséquilibres qui traversent la société. Elle entend ainsi rappeler sans cesse les exigences morales et spirituelles qui interpellent la conscience collective sur les dangers qui menacent la nation, même si cela lui vaut parfois d’être accusée d’ingérence dans le domaine politique.
Pour l’Évêque de Bondoukou, aucune ambition personnelle ni appétence pour le pouvoir ne doit primer sur ce qui relève du sacré : la vie humaine.
ML

